En ce qui me concerne, ce qui m’a toujours intéressé dans la pratique des arts martiaux, c’est vraiment son aspect self-défense, survie dans ce monde de brutes… ça doit venir de ma petite enfance, et je ne sais pas si ça se soigne… je dois même avouer que j’ai ressenti ce besoin bien avant d’aller pratiquer assidûment en club, et que cet objectif ne m’a jamais quitté depuis. Mes années de pratique m’ont permis de progresser et d’intégrer diverses formes de combat à mains nues, mais aussi à l’arme blanche ou avec des armes à feu.
J’ai également eu la chance d’avoir une activité professionnelle plutôt liée à la défense et à la sécurité, et j’en suis donc tout naturellement venu à élaborer une théorie qui va me permettre de vous illustrer aujourd’hui le but que je poursuis dans ma pratique martiale.
Le monde dans lequel nous vivons est un monde dur, dangereux (j’espère que vous vous en êtes aperçu…), composé à 90 % de « moutons », à 5% de « loups » (vous savez : « homo hominis lupus ») et à 5% de « chiens de garde ».
Les « moutons », ce sont tous ceux qui vous entourent, que vous croisez dans la rue, dans le métro, au travail…c’est peut-être vous… c’est en tout cas le brave « monsieur tout-le-monde », gentil, serviable et tout et tout, mais qui va tourner la tête pour ne pas avoir à intervenir sur une agression, parce qu’il a peur des conséquences qui pourraient s’abattre sur lui… Il y en plein, plein, plein… je peux vous l’assurer, mais peut-on (ou doit-on) leur jeter la pierre ?
Non, évidemment, car un mouton qui se rebelle a toutes les chances de terminer rapidement en « méchoui » !...
Ensuite, il y a les « loups » : il n’y en a pas tant que ça mais ils sont là, ils rôdent, à l’affût du prochain mauvais coup ; ce sont les petits (mais aussi les grands) délinquants que vous connaissez également pour en avoir certainement croisé au cours de vos diverses pérégrinations… c’est facile pour eux : le mouton est tellement facile à tondre !… ce peut être par exemple ce petit groupe de zonards (ils chassent plutôt en meute !) qui vous demande aimablement votre portefeuilles, sinon gare !...
Et puis il y a les « chiens de garde » : dans ce terme, j’inclus les forces de l’ordre bien sûr, mais aussi (et heureusement…) certains d’entre nous qui, bien que considérés comme des citoyens « lambda » (ce n’est pas péjoratif) refusent d’être à la merci d’un tel ou d’un tel et ont suffisamment de caractère, de courage et de physique pour oser venir en aide à un pauvre mouton qui se serait égaré…
Voilà, ceci est mon constat de base. Alors, certes, un mouton pourra être heureux toute sa vie de mouton ; il fondera une famille, aura un travail qui le comblera, jouera au tennis avec son patron… et tant mieux pour lui ! Mais lorsque ce mouton rencontre un loup sur son chemin – et ça n’arrive pas « qu’aux autres… »- et que sa vie bascule en quelques minutes, jusqu’aux fins les plus tragiques parfois (du style à la sortie d’une boîte de nuit par exemple…), c’est ici que je pense – j’en suis même sûr - que la pratique d’un art martial (ou d’un sport de combat, je ne suis pas sectaire) peut faire une différence : attention, je ne dis pas que de pratiquer un art martial rend invincible, ce serait trop beau, mais cela peut en revanche permettre de prendre conscience de certains dangers qui nous entourent et pour lesquels nous n’avons été que peu ou mal sensibilisés auparavant. Une bonne pratique peut alors permettre de « canaliser » certains de ces dangers, ou, mieux, de les éviter…
Mais la pratique d’un art martial peut également permettre, et ce n’est pas négligeable, de passer de l’état de mouton à celui de chien de garde, car il serait dommageable pour quelqu’un qui n’a pas ou peu de pratique, de venir s’interposer dans un différent sur la voie publique…(j’en connais !)
Alors bien sûr, des loups peuvent s’essayer à une pratique martiale (ça se voit quelquefois). Le résultat est alors assez intéressant : soit ils abandonnent rapidement (trop dur, trop fastidieux, trop de remise en question…), soit ils persévèrent et peuvent alors se transformer en chiens de garde (pas mal efficaces d’ailleurs car ils ont connu l’autre côté du miroir).
Tout ceci pour dire que mon objectif dans les arts martiaux a toujours été la recherche de méthodes efficaces, en vue de pouvoir se sortir au mieux de situations de combat réelles.
J’avais déjà parlé dans un article précédant de l’importance de développer un mental fort dans ce but. Bien évidemment une pratique martiale adéquate permet d’optimiser cette voie dans les meilleures conditions.
Je n’ai jamais été particulièrement intéressé par les aspects philosophiques des arts martiaux (désolé) et j’ai laissé tomber depuis longtemps le côté sportif pur, qui ne doit d’ailleurs être considéré à mon sens que comme un but pour développer sa condition physique, et non comme un moyen pour gagner des coupes et des médailles (pas bon pour l’ego ! et en plus ça peut fausser le jugement en cas de combat réel…).
Les arts martiaux sont apparus à l’origine dans le but de pouvoir survivre sur le champ de bataille, et un chevalier, tout comme un samouraï, passaient la majeure partie de leur temps à s’entraîner dans les techniques de combat à mains nues ou avec armes.
Aujourd’hui, le monde a évolué, les chevaliers ont disparu, tout comme les samouraïs. Pourtant, comme je l’ai déjà évoqué, les risques et les dangers sont toujours omniprésents dans notre monde « civilisé ». J’ai donc pour ma part choisi d’axer ma pratique selon le même objectif qui a été défini il y a déjà plusieurs siècles sur les champs de bataille et qui selon moi doit être considéré comme l’objectif ultime : SURVIVRE.