Question du mois
Quels sont vos objectifs et vos attentes au travers de la pratique martiale ?
jeudi 29 mai 2008, par David Dumas
Et vous, pourquoi avez-vous commencé ?
Avec le temps, les raisons de pratiquer peuvent devenir floues ou, au contraire, se préciser ...
Qu’est-ce qui vous motive encore à court, moyen ou long terme dans votre pratique. Vous fixez-vous des objectifs à atteindre ? Auquel cas quels sont-ils ? Que vous apporte la pratique aujourd’hui ? ...
Je sais ça fait beaucoup de questions. :-)
Personnellement et très modestement, j’ai toujours été attiré par la culture japonaise et l’imaginaire samouraï moyenâgeux. Un monde où le sabre était sacralisé.
La recherche d’un budô où le Ken occupe une place importante me plonge ainsi dans l’Aïkido, puisqu’au Maroc, il est très difficile de faire du Kendo ou du Iaïdo (manque de dojos, de stages, d’équipements, d’infrastructures...)
Et même en étant un débutant, je m’estime dors et déjà heureux d’apercevoir un peu ce qui fera (je l’espère du moins) ma voie.
Je suis arrivé au dojo par dépit. En effet après des années de pratique plus ou moins régulière de disciplines "pieds poing", je me suis fait arracher l’épaule par le prof de kick-boxing du petit club que nous animions. Il était grognon, j’étais distrait, il pesait 15 kg de plus que moi, et j’ai bloqué ferme (au lieu de dévier) un direct du droit poussé par une belle rotation de la hanche.
Quelques mois plus tard, lors d’une grande conversation avec l’ostéopathe qui m’avait enfin retapé, je suis arrivé à la conclusion qu’il fallait que je trouve un autre sport de combat compatible avec mon agressivité naturelle et l’âge de mes articulations (âge majoré par le fait que je n’ai plus vraiment le temps de m’entraîner physiquement vraiment, ce qui n’arrange rien). Le karaté ? Bof, souvent c’est Shotokan et je trouve ça assez disgracieux, sans compter qu’à l’usage je n’ai jamais vraiment été convaincu. Kung-fu, Viet vo dao ? Hyper initiatique, il faut commencer par trois ans à faire des grimaces devant un miroir avant de commencer à pouvoir en tirer quelque chose (même si à la différence du karaté shotokan, pour l’une ou l’autre des disciplines mentionnées j’ai vu des exemples très convaincants sur plastrons non coopératifs). Judo ? Je n’aime pas vraiment repasser, ce n’est pas pour qu’on s’accroche à mes vêtements.
J’en suis donc arivé à l’aïkido, discipline dont j’avais pu également apprécié l’efficacité et qui avait le bon goût d’obtenir l’approbation de mon ostéopathe. En plus, premier coup de bol : il existe un dojo près de mon travail avec plein de créneaux proposés entre midi et deux : le dojo de l’école militaire. Deuxième coup de bol : le senseï est excellent et l’ambiance super sympa (c’est le dojo de l’école militaire).
J’en suis encore à découvrir l’aïkido (deuxième année seulement, toujours au dojo de l’école militaire), mais je ne m’en lasse pas. C’est une discipline riche, complexe, peut être un peu rébarbative au départ, mais qui ouvre des perspectives sans fin car elle permet de travailler d’abord sur soi (ah, une bonne ouverture de séance par des séries de chutes), ou sur les autres (mais pourquoi y tombe pas ?!), en harmonie ou en "émulation", à mains nues ou avec armes... Toujours sans forcer, sans être forcé... Le plus amusant est que le chemin du dojo donne envie, en complément, de retrouver le chemin du ring. Car l’aïkido est une suite dans le chemin du guerrier, qui se comprend à mon avis mieux seulement après avoir été guerrier dans d’autres disciplines.
Ah oui, les objectifs. Heuh, à part arrêter de me vautrer lorsque je fais la chute courte et me croiser les jambes comme un clown sur iriminage, je ne vois pas vraiment.
Salutations à tous,
Pourquoi ai-je commencé ? Ouhlala, c’est il y a tellement longtemps, environ 25 ans ! Sport, défense, art martial, culture japonaise... il y avait de tout ça, mais dans quel ordre ?
Un élément déterminant a sûrement été la gentillesse de l’accueil du responsable de l’entrainement ce jour là, ainsi que la bonne ambiance qui régnait sur le tatami ( à une époque où dans d’autres "arts martiaux" il était de bon ton de se faire "tester").
Et pourquoi je continue ? Tout simplement parce que quand j’ai du arrêter, ça me manquait de ne pas pratiquer. Et que quand on trouve un bon dojo, avec une bonne ambiance et quelqu’un qui vous fait progresser, et des horaires compatibles, ce serait bête de ne pas en profiter.
Des objectifs à atteindre ? Je ne sais plus qui écrivait que cheminer même à petits pas c’était toujours avancer.
Xavier
Un peu de judo, enfant.
Un bouquin d’aïkido plein de photos magnifiques, adolescent, dans la bibliothèque de mon père.
Un certain goût pour la bagarre (tant qu’il n’y a pas de perdant :D).
La découverte de la pratique durant quelques mois en classe de terminale, et le voeu alors émis de m’y mettre sérieusement un jour.
Presque 10 ans plus tard, j’ai re-débuté la pratique cela fait maintenant 3 petites années. Mes motivations sont toujours à peu près identiques, même si ma compréhension de leurs implicites évolue avec la pratique. Aujourd’hui je les formulerais ainsi :
1- à court terme : d’une manière générale, entretenir et affûter le corps pour développer son potentiel d’action.
2- à moyen terme : en cas de conflit, ne pas se laisser bouffer en limitant la casse autant que possible.
3- à long terme : mieux me connaître, moi Homme, ainsi que mes semblables, à travers le langage qui ne ment pas, celui du corps, pour peut-être ... avancer sur le chemin ouvert par Ueshiba et ses pairs.
Selon le vieil adage, "l’enfer est pavé de bonnes intentions" ... Si on suit cette image, pratiquer l’aïkido est pour moi le moyen d’apprendre à mettre la "bonté" "en actes", pour peut-être - qui sait ? ... échapper à l’enfer.
A part ça, il fait bon se défouler avec des personnes qu’on apprécie ... ;-)
@+
J’espère que je ne vais pas être trop long, mais ce n’est pas facile de résumer en quelques lignes ce qui constitue, même à mon niveau de dilettante, un engagement commencé il y a une vingtaine d’années, avec quelques interruptions par ci par là.
Lorsque j’ai commencé les arts martiaux, par l’apprentissage du tae kwon do à l’âge de 17 ans, j’avais deux objectifs en vue.
Le premier était de donner enfin son tribu à une combativité qui m’a toujours habité. Je précise bien combativité, manière d’être et de concevoir la vie dictant de ne jamais se détourner du combat lorsqu’à tort ou à raison celui-ci paraît inéluctable, chose radicalement distincte du tempérament habitant le bagarreur, ce que je n’ai jamais été.
Le second objectif était bien moins substantiel, puisqu’il s’agissait d’arriver au premier tout en pouvant en plus me prendre pour le Petit Dragon. Ceux qui au cours d’une rixe se sont déjà fait « traiter » de Bruce Lee par un type énervé d’avoir pris un coup de pied, même suivi de « j’vais te tuer », comprendront le plaisir très puéril mais réel que ça peut procurer. Bref, pour ça, le tae kwon do, avec ses improbables coups de pieds volants, ça me paraissait parfait.
Rapidement après avoir commencé, j’ai découvert que l’art martial que j’avais choisi me donnait une confiance grandissante en moi. En conteste d’hostilité potentielle évidemment, mais également dans mes rapports quotidiens à autrui. A tel point que j’ai fini par me demander, pour essayer de m’expliquer ça, si même dans les discussions les plus policées entre les personnes les mieux élevées du monde on n’émettait pas parfois des signaux subliminaux du genre « si l’on était pas censés être dans une société civilisée, je pense sincèrement que je pourrais parfaitement t’aplatir et même que ça me ferait plaisir ». En tout cas, en situation de franche hostilité, je suis persuadé d’avoir éteint plusieurs confrontations parties pour dégénérer physiquement sans avoir eu besoin de donner le moindre coup. J’ai dû me battre vraiment seulement deux fois en vingt ans, et encore chaque fois parce que j’arrivais sur le champ d’une agression déjà commencée qui ne me visait pas à l’origine. Et ces deux fois là, ça m’a sacrément sauvé la mise de fréquenter le Dojo.
En même temps que l’acquisition de cette confiance, j’ai découvert que l’on n’utilise qu’une partie minime des capacités qu’offre son corps et que l’art martial est un moyen de repousser considérablement les limites de celui-ci, ce qui va au-delà de la simple forme physique permise par l’exercice, forme par ailleurs extrêmement appréciable.
Alors évidemment, comme ça partait d’un besoin lié à une façon d’être et que les premiers effets positifs allaient au-delà de mes objectifs initiaux, j’ai continué…
C’est à ce moment là qu’en progressant, je me suis dit que finalement, j’avais beau avoir acquis confiance en ce que je pensais être ma force et être capable de faire le grand écart entre deux chaises (quoi ça sert à rien ?!), j’étais sacrément mauvais et dangereux pour moi-même quand je me croyais bon.
Je suis entré alors dans une autre phase plus centrée sur la compréhension du pourquoi des mouvements appris par cœur et sur la distinction de ceux qui, sans être forcément inutiles pour l’exercice du corps et de l’attention, tiennent plus du cirque de Pékin que de l’aire de combat.
C’est ce cheminement et la remise en cause par étapes qui l’a accompagné qui me permettent aujourd’hui de commencer un art martial comme l’aïkido sans être découragé par l’extrême lenteur de mes progrès : j’ai compris qu’ici comme ailleurs chaque palier atteint ne vaut pour moi que par l’accès qu’il me donne au palier suivant et que, comme après une longue randonnée en montagne où je peux être ébahi à la fois du nouveau paysage qui s’offre à moi et de la vue du chemin déjà parcouru, mon apprentissage en arts martiaux ne prendra sans doute jamais de sens que comme un chemin de vie jamais abouti mais chaque jour enrichi.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’année dernière, lorsque j’ai dû admettre que les conditions dans lesquelles je pratique le tae kwon do ne me permettront plus de véritablement progresser (d’une part parce que je manque de temps pour m’y investir en l’absence de soirées disponibles, d’autre part parce que cet art martial se fonde beaucoup sur la performance physique et que celle-ci ne va pas s’arrangeant passé trente ans), j’ai voulu repartir de zéro vers un art martial où j’aurais tout à apprendre. Et puis le tae kwon do est une école de combat à distance qui a pour inconvénient de faire de ses pratiquants des espèces de manchots quand ils se retrouvent en face de l’adversaire. Or, au départ, comme indiqué plus haut, je me considérais plus comme ayant l’âme d’un combattant que celle d’un manchot (même si j’aime par ailleurs beaucoup ces oiseaux au joli costume et à la démarche rigolote).
J’ai donc cherché un art martial offrant une approche de combat radicalement différente de ce que je connaissais (et accessoirement que je pourrais, obligations paternelles obligent, pratiquer pendant l’heure du déjeuner).
C’est ainsi que j’ai été vers l’aïkido. Ce n’est même pas que je n’ai pas été déçu : j’ai été époustouflé par l’efficacité d’un art martial pourtant si différent de ce que je connaissais du combat. Je regarde, j’essaie progressivement de commencer à ressentir sans y arriver encore ; j’ai tout à apprendre dans une discipline dont la pratique est pour moi un moment de plaisir ; c’est une des premières choses que je recherche dans la vie…
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